Micro-crédit et Adaptation aux Changements Climatiques - Groupe de Coordination des Zones Arides

Micro-crédit et Adaptation aux Changements Climatiques


Le but du projet est de contribuer à la réduction de la vulnérabilité des communautés pauvres aux changements climatiques et à l’insécurité alimentaire via un programme de micro-crédit.


Le Mali est un vaste pays continental au cœur de l’Afrique de l’ouest avec une population estimée à environ 14 517 176 habitants. Le Mali est fortement tributaire de l'aide étrangère et est très vulnérable aux changements climatiques. Malgré les efforts locaux et internationaux, le Mali est encore un pays extrêmement pauvre. Il se classait 178 e sur 182 (Indice de développement humain du PNUD 2009). Soixante-sept pour cent des Maliens vivent avec moins de 2 dollars par jour, et 54% survivent avec moins de US $ 1,25 par jour. Soixante-quatre pour cent de la population est en dessous du seuil national de pauvreté.

L’analyse de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité (CFSVA, PAM, 2005), classe 42 à 45% des ménages de la région de Tombouctou comme étant en insécurité alimentaire ou fortement vulnérables. La même source révèle que les stocks de céréales pour la consommation des ménages sont inférieurs à 50 kg/personne/an contre environ de 260 kg par personne et par an à Ségou au centre du pays. La carence en micronutriments (vitamine A) résultant d’une alimentation pauvre et peu diversifiée est la cause d’autres problèmes de santé notamment la «cécité crépusculaire» chez les femmes enceintes, qui touche surtout les femmes au Nord (32% des femmes enceintes à Tombouctou). Il en est de même pour la carence en fer, qui est la cause principale de l’anémie chez les femmes, 57% selon l’EDSM IV à Tombouctou et 64% à Ségou.

La région de Ségou est considérée comme une région avec une grande disponibilité en denrées de base, ce qui s’explique par une production largement excédentaire du riz dans la zone de l’Office du Niger (ON) et d’autres céréales sur des terres humides, mais aussi des légumes, des fruits, et du poisson (ESBN 2007, Plan de SA de la Région de Ségou). Cependant, l’accessibilité de ces aliments n’est pas homogène à cause de la faible productivité de certaines zones agro-pastorales exondées, de l’enclavement de certaines communes, de la faible connaissance des techniques agricoles durables et des pratiques alimentaires appropriées, et de la mauvaise gestion des petits périmètres (maraîchers et rizicoles) et des banques de céréales (Plans Communaux de Sécurité Alimentaires (PCSA) de la Région de Ségou).

Cette inégalité d’accès provoque une malnutrition globale et une insuffisance pondérale de 29% ainsi que des retards de croissance pour plus que 40% des enfants de 0 à 5 ans dans la région de Ségou (EBSN 2007 et EDSM-IV 2006)  avec des variations probablement significatives entre les localités et dans le temps.

Ainsi, le PNSA classe 35 des 52 communes de Tombouctou et 2 communes de Ségou comme étant vulnérable à l’insécurité alimentaire.

Dans ce contexte, ou la productivité agropastorale est limitée par des facteurs écologiques, la recherche d’autres alternatives se justifie pour diversifier les sources d’approvisionnement en ressources alimentaire. AMAPROS, CARE et GRAD proposent une recherche opérationnelle pour vérifier l’hypothèse selon laquelle la mobilisation des ressources financières locales et l’accès des ménages vulnérables à des systèmes de crédits épargnes solidaires, flexibles et adaptés est un puissant moyen d’amélioration du statut nutritionnel du ménage. 

CARE Mali et AMAPROS mettent en œuvre depuis 2002 des activités d’épargne et crédit solidaire appelé MJT.

Le but du projet est de : Contribuer à la réduction de la vulnérabilité des communautés pauvres aux changements climatiques et à l’insécurité alimentaire.

CARE Mali, AMAPROS et GRAD initient cette recherche action pour comprendre dans quelle mesure, l’approche épargne crédit solidaire ‘MJT’, contribue ou pas à la sécurité alimentaire et à l’adaptation aux changements climatiques. L’objectif de cette recherche opérationnelle est de tester les hypothèses suivantes :

  • Le renforcement du capital économique des femmes (y compris la diversification des activités génératrices de revenus), à travers les groupements MJT assure la sécurité alimentaire et réduit la vulnérabilité de leurs ménages aux impacts des changements climatiques ;
  • L’appartenance à des groupes d'épargne et de prêt solidaire, renforce le contrôle des femmes sur la gestion des ressources naturelles, protège leurs droits et accroît leur influence sur les autorités locales à mettre en œuvre des mesures d'adaptation au changement climatique ;
  • Les connaissances et informations acquises dans les groupements MJT permettent de diversifier les sources de revenus des femmes (amélioration de la production, la commercialisation et le financement des activités agricoles) améliorent la sécurité alimentaire et renforce la résilience sociale face aux crises et aux catastrophes.  

Ainsi, il ya deux questions principales, que cette initiative vise à adresser:

  • L’insuffisance de capacité du gouvernement et des OSC à mettre en œuvre des approches communautaires de prévention des catastrophes et d’adaptation aux changements climatiques en faveur des pauvres ;
  • L’existence de très peu d’interventions réussies et efficaces ayant donné les preuves d’une résilience aux changements climatiques. Les actions qui intègrent la Réduction des Risques de Catastrophes, l’Adaptation aux Changements Climatiques et la programmation des moyens de subsistance (y compris les filets de sécurité social) est nécessaire pour répondre aux défis du changement climatique.
  • L'introduction de l'adaptation aux changements climatiques, avec l'appui d'assistance technique et actions visant à accroître la participation des femmes dans la gestion de l'adaptation des communautés et de prise de décisions concernant les processus permettra d'accroître la productivité agricole et du bétail et des revenus, accroître la sécurité alimentaire et réduire la vulnérabilité des paysans pauvres dans ces domaines.
  • Evaluation de la vulnérabilité de la communauté aux changements climatiques à l’aide des outils AVCA et Christal avec utilisation des données anthropométriques disponibles ;
  • Analyse communautaire des résultats et propositions de solutions ;
  • Renforcement des groupements MJT existants ;
  • Etude sur la contribution des groupements MJT dans la résilience du ménage aux effets des changements climatiques ;
  • Etudes sur les stratégies d’accès et d’utilisation des ressources alimentaires par les femmes membres des groupements MJT
  • Identification et suivi des ménages les plus vulnérables aux changements climatiques et à l’insécurité alimentaire afin de mesurer les effets de l’approche MJT sur leurs capacités de résilience.
  • Atelier de partage
  • Les effets immédiats du projet sont que les femmes des groupements MJT comprendront à travers les analyses communautaires des causes sociales, économiques et environnementales de leur vulnérabilité aux changements climatiques.
  • A travers la collecte et l’analyse communautaire de la vulnérabilité aux changements climatiques, le projet contribuera au renforcement de capacité communautaire d’analyse des effets des changements climatiques et de l’insécurité alimentaire. Aussi, le développement d’une approche communautaire d’adaptation aux changements climatiques serait l’ultime résultat qui sera bénéfique tant pour les populations locales que pour l’Etat et les autres intervenants.
  • CARE et les autres organisations membres de GCoZA pourront également poursuivre la promotion d’un tel modèle au-delà du projet. Toutefois, les résultats tangibles attendus du projet sont entre autres : 
  • Les communautés partenaires développent un modèle de résilience aux changements environnementaux qui protège les couches les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants de moins de 5 ans ;
  • Les femmes des groupements MJT participent dans les fora de prose de décisions communautaires, notamment en ce qui concerne les changements climatiques.
  • Un mécanisme d’analyse et de gestion des effets des changements climatiques est opérationnel, avec comme effet immédiat la réduction des effets des crises alimentaire.