Visite éthiopienne au Mali pour partager des expériences pastoralistes sur l'adaptation au CC - Groupe de Coordination des Zones Arides

Visite éthiopienne au Mali pour partager des expériences pastoralistes sur l'adaptation au CC


En 2011, un échange de chercheurs éthiopiens et des membres d'ONG au Mali s’effectuait pour y apprendre sur des meilleures pratiques et partager des expériences concernant l'adaptation des pastoralistes aux effets du changement climatique.

Les participants du groupe d'échange éthiopien sont venus de cinq organisations partenaires de la GCoZA différents. Les hôtes maliens, la GCoZA Mali et l'Œuvre Malienne pour le Développement des Zones Arides (OMADEZA), ont facilité la visite des régions de Nioro du Sahel et Nara, qui s’est passée à la fin de 2011.

Ces régions, comme la plupart des régions du Nord du Mali, jouent un rôle important pour le pastoralisme au Mali (et à travers la frontière). Pendant les dernières décennies, en partie à cause des graves sécheresses sahéliennes, le stock pastoral au Mali s'est fortement diminué. Aujourd'hui, les zones arides sont confrontées à des risques générées par le changement climatique, comme la diminution de précipitation, la désertification et la déforestation. La pression croissante sur les ressources naturelles, comme l'eau et les pâturages, provoque aussi des conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Les principaux objectives des visiteurs éthiopiens étaient d'apprendre comment les communautés pastorales du Sahel s'adaptent aux défis mentionnés, d'apprendre sur les interventions que soutiennent l'adaptation au changement climatique, et enfin, de diffuser et de reproduire les meilleures pratiques d'adaptation des éleveurs sahéliens dans les régions pastorales éthiopiennes. Pour obtenir de l'information pertinente, ils ont interviewé des acteurs du développement gouvernementaux et non-gouvernementaux, ont eu des discussions en groupe avec des comités de gestion des marchés de bétail et des membres de la communauté pastorale, ont fait des observations sur le terrain et ont développé des chronologies historiques.

Une des observations de visiter des marchés de bétail différents était que le Mali a mis en place une relativement bonne infrastructure pour le commerce avec les acheteurs sénégalais. Les autres aspects positifs sont l'existence de petites marchés de bétail régionaux, qui sont très bien équipés et gérés collectivement par des coopératives locales. Des groupes similaires sont également responsable de la gestion des zones pastorales: D'une part, les corridors pastoraux utilisées pour la transhumance (aussi par des éleveurs mauritaniens) et d'autre part, les périmètres pastoraux, qui couvrent normalement de 20.000 à 30.000 hectares de terrain et qui peuvent être utilisés comme réserves de pâturage pendant la saison sèche (par exemple, la zone de pâturage de Baoule).

A côté de ces zones de pâturage établis, les organisations pastorales, le gouvernement, et les initiatives des ONG financent des bassins d'eau et des puits pour donner à boire aux animaux, des parcs de vaccination et des mesures contre les incendies de forêt et la désertification, pour assurer que les éleveurs ne sont pas déplacés de leurs régions d'origine. Les autres initiatives à protéger les moyens de subsistance pastoraux sont le soutien de la régénération des espèces d'herbes et de plantes différentes, la promotion de la production laitière, la mise en place de meilleures équipements sur les marchés de bétail comme des abattoirs pour créer de la valeur ajoutée aux produits de l'élevage, et le renforcement de capacités pastoraux à travers des cours d'alphabétisation, des écoles etc. Le gouvernement subventionne des aliments industriels comme des tourteaux de coton pour l'engraissement du bétail. En plus, pour la réduction de conflits des mécanismes collaboratifs entre les éleveurs et les agriculteurs, qui incluent l'utilisation des résidus agricoles comme fourrage, sont soutenus.

Les visiteurs éthiopiens ont été d'accord que les marchés de bétail et les parcs de vaccination en Ethiopie pourraient être améliorés. Il y a un besoin de plus de capacités de stockage et de la vaccination des animaux périodique, comme il est pratiqué au Mali. En outre, ils ont constaté que le commerce de bétail harmonisé entre le Mali et le Sénégal peut être utilisé comme un exemple pour l'Afrique de l'Est et l'augmentation de commerce entre l'Ethiopie, le Kenya, la Somalie, Djibouti et le Soudan. Bien que les réserves de pâturage comme les périmètres pastoraux au Mali aient été tentées en Ethiopie sans succès, plusieurs recherches sur le modèle malien et l'évaluation de son potentiel pourraient être utile. D'un autre côté, les corridors pastoraux sont considérés comme un très bon moyen pour la gestion durable des ressources naturelles et la solution des conflits entre les éleveurs et les agriculteurs dans les zones pastorales.

Les partenaires éthiopiennes pourraient apprendre beaucoup sur les technologies qui ont le potentiel d'être appropriées et pourraient être explorées plus à propos de leur adaptabilité dans le contexte pastoral éthiopien. En particulier, les initiatives politiques maliens pour la décentralisation ont renforcé la position des associations d'éleveurs et ont rendu possible pour eux de collaborer dans la gestion des pâturages, des marchés de bétail et des projets comme l'achat et la distribution des aliments industriels. Un changement vers l'agro-pastoralisme n'est pas soutenu par les institutions gouvernementales de Mali.